Critique de Wadjda, premier long métrage de Haiffa Al-Mansour

Wadjda est un conte de femmes, moderne avec une héroïne infiniment plus vaillante qu’une princesse, voire même un chevalier.
Elle veut un vélo et ce n'est pas par caprice mais par combat pour les droits des femmes quand le sexe de naissance ne détermine en rien les devoirs exclusifs.

Figure du mythe de Lilith, au creux de l'arbre divin ; Wadjda a un désir aérien.
Et dans l'arbre généalogique réservé aux hommes ; Wadjda ne verra pas la feuille qui portera son nom.
Alors elle aura son vélo pour être à hauteur égale et à bonne distance de ses camarades masculins. Elle ne regardera pas sa vie dans les pas d’un homme ou d’un père aliéné dans un système matriarcal quand les fils créent les lignées.

Wadjda a trouvé l’outil de sa propre croyance pour sa liberté.
Sur sa route, il n’y a pas d’un côté, les hommes méchants et de l’autre, les femmes gentilles. Des femmes interviennent en censeurs, se corrompant elles-mêmes derrière le masque des gardiennes à la moralité hypocrite. Des mères totalitaires poussent leurs fils vers la lâcheté. Et des filles affranchissent d’autres mères répudiées par la force de leur engagement.

Servi par des interprètes d'une justesse remarquable, suivis avec bienveillance par une caméra aussi discrète qu' élégante ; le spectateur a hâte de découvrir un second long métrage de « Al-Mansour » avec autant de portée universelle et de poésie.
Il est précieux de voir le courage triompher !

C. Romero