2ème extrait de la nouvelle Je serai l'homme dont j'ai rêvé

       Il avait choisi le plus bel hôtel du port de La Ciotat.

Néanmoins, je devais faire une halte qui me gênait. Acte manqué, j'avais oublié mes lunettes de vue chez la madre lorsque nous nous étions retrouvés.

Les yeux me faisaient très mal. Comme si j'en avais déjà assez vu ? Je récupérai mes lunettes à contrecœur. Je savais que des garçons craignaient les mères de filles aux revenus moyens.

Maman succomba au charme du ténébreux golden-boy. Evidemment, il ne daigna pas l'inviter à prendre un café. Dont acte.

Il tint absolument à conduire un bateau. Me retrouver perdue au milieu de la mer fut mon meilleur souvenir avec lui.

Après cette sortie, je le priai de remettre son tee-shirt. Une garce le contempla ; il était fier. Je maudis les femelles

et son ego. Autour d'un verre, il me compara à sa femme, son ex !

Derniers rapprochements, corps à cœur avant le retour à Paris. Il arriverait plus tôt que moi : réunion. Fulgurance ! Rendre les armes : tant pis ! Il me demanda comment j'imaginais notre petite fille. Les sangs mêlés ! Finis, les codes ! Fusion organique ! Des larmes coulent.

Dans la nuit, il m'embrassa avec un air triste avant de partir. Mon petit déjeuner fut amer mais je me sentais enceinte. Moi, l'amazone, comme il disait. La  féministe, comme ils grognaient. C’était ma victoire ; le fruit de mon amour, aveuglément.

C. Romero