Extrait de la nouvelle Je serai l'homme dont j'ai rêvé

Malheureuse avec Bastien, je contactai finalement « l'américain ». Je le rassurai sur mon autonomie financière et mon niveau d'études.

Au rendez-vous, je connus les affres de la tentation car Bastien devait me présenter sa mère. Dans les vagues hormonales, des garde-côtes m’alertaient. Le héros de 43 ans n'avait pas encore divorcé d'une américaine… Sa résidence principale était à San Francisco… Il n'avait pas d'enfants parce qu'elle était stérile… Il « rentrait » à Paris, 1 fois par mois…

Je paniquai :

- Tu n'es «que» séparé ?

- J'aurais pu te mentir !

- Tu as juste soulagé ta conscience ! Balisé le terrain ! Je ne crois pas aux relations à distance… Le marin avec une femme dans chaque port… 1 fois par mois à Paris… Alors que j’y suis déjà en exil… Pas fini de m'ennuyer…Allons plutôt danser...

Il m'emmena dans un fief de rugbymen. La fille du vestiaire nous regardait avec un sourire narquois. Il me rassura avec une rose rouge mais je rentrai chez moi, seule.

Le lendemain, je dînai avec Bastien et sa maman. Des bouquets de fleurs aux mains, je séduisis davantage la mère que le fils.

Dans le duel entre mes prétendants, ce dernier avait déjà perdu son arme de gentilhomme !

C. Romero