CHTO, au théâtre de la Cité Internationale-Paris, le samedi 14 novembre 2009
Texte de : Sonia CHIAMBRETTO
Mise en scène : Hubert COLAS




« Le monologue du légionnaire »


   Je connaissais Hubert COLAS comme l’un des « auteurs-metteurs en scène montant » de la dramaturgie contemporaine, depuis une quinzaine d’années, notamment avec sa pièce « Temporairement épuisé ».

   J’ai retrouvé le travail du metteur en scène au travers de deux tableaux extraits de son tryptique intitulé " Chto ".
L’auteur du spectacle a recueilli les témoignages d’un légionnaire puis d’une bonne sœur.

   Je recommande surtout d’aller voir « Le monologue du légionnaire ». Scénographie minimaliste mais efficace. Rouge…Usage des autres médias sur scène à bon escient dans un parti pris justifié.
L’acteur : hommage discret à « La sur-marionnette » de Craig. L’acteur-athlète pour le personnage du légionnaire. Un phrasé marqué, sonore, drôle, précis dans la parodie.
Et puis, le texte de Sonia CHIAMBRETTO : bien écrit parce qu’intime derrière la forme impersonnelle et militaire. Nous avons même assisté à un morceau de la partition risqué mais finalement très concluant parce que chargé, nourri au plus près de l’émotion de l’acteur.
L’exercice est vraiment réussi par l’authenticité et l’originalité du propos à l’image de la mise en scène et de l’interprétation. De la finesse à tous les niveaux derrière l’image de brute épaisse ! L’émotion qui coule derrière le martelage des mots et laisse une empreinte sur le spectateur !

Entracte-
2ème monologue « Sœur Catherine »
  
Toujours une scénographie fine et appropriée. Chaleur des lumières comme un tableau en clair-obscur.
Sur scène : un physique féminin, une voix, une déclamation, des expressions faciales. Au final : le sentiment d’assister à l’autosatisfaction d’une actrice et de son organe vocal, d’une soi-disant singularité au détriment d’un personnage qui aurait dû être attachant finalement écrasé par le côté histrion de l’actrice.

Ces deux monologues font partie du même spectacle et présentent l’avantage de montrer deux pendants du théâtre contemporain quand on s’inspire de faits réels et que le metteur en scène travaille sur la nature de l’acteur-individu.
Le moment magique quand l’acteur est bon, vrai, humain dans sa perméabilité. L’irritation quand le comédien est dans la posture, solide comme un roc ne laissant que des miettes de représentation au spectateur.

C. Romero